Corps libres, seins libres

Petits, gros, asymétriques, hauts, bas, ronds, plats, avec ou sans mamelon saillant, après une grossesse, après une opération, après le temps qui passe… Les seins, comme le reste du corps, existent dans une infinité de formes. Et pourtant, on leur en demande toujours trop.

10/7/20262 min read

Corps libres, seins libres

Petits, gros, asymétriques, hauts, bas, ronds, plats, avec ou sans mamelon saillant, après une grossesse, après une opération, après le temps qui passe… Les seins, comme le reste du corps, existent dans une infinité de formes. Et pourtant, on leur en demande toujours trop.

Un territoire sous surveillance

Dès l'adolescence, la poitrine devient un sujet. On la regarde, on la commente, on la compare. Trop petite, trop grosse, pas assez ferme, trop visible ou trop dissimulée. Elle est scrutée avant même d'appartenir vraiment à celle, celui, celle·ux qui la porte.

Les injonctions s'accumulent : la maintenir, la camoufler, la mettre en valeur, la corriger. Comme si elle existait d'abord pour les autres. Comme si son rôle était de plaire, de correspondre, de rentrer dans une case.

Mais un sein n'a pas à être conforme. Il n'a pas à séduire ni à correspondre à une attente. Il vit, il évolue, il appartient avant tout à la personne qui le porte.

Ce que le moulage révèle

Dans ma pratique, j'ai moulé des poitrines de toutes formes, de tous âges, de toutes histoires. Des seins marqués par la maternité, transformés par la maladie, modifiés par une transition. Des corps qui ont traversé beaucoup, et qui portent ces traces avec une dignité que personne ne leur a jamais vraiment dite.

Ce que je vois à chaque fois, c'est la même chose : une personne qui arrive avec ses doutes, et qui repart en tenant entre ses mains quelque chose de beau, de vrai, de sien.

Moulés, les seins deviennent des formes, des volumes, des sculptures. Affranchis des regards qui les enferment. Ils reprennent leur liberté.

Pourquoi ça compte

Trop de personnes grandissent sans jamais voir de corps qui leur ressemblent. Sans jamais entendre que leur poitrine est normale, belle, digne d'être célébrée. Alors i.elles apprennent à se cacher, à s'excuser, à vouloir être autrement.

Ce travail, c'est une façon de dire le contraire. De figer dans la matière une vérité que personne ne devrait avoir à chercher si longtemps : chaque poitrine est belle parce qu'elle est réelle. Parce qu'elle est à soi. Parce qu'elle n'a pas à être autre chose.

Nos corps sont déjà libres. Il est temps de les laisser l'être.

Vous souhaitez immortaliser votre poitrine ? Écrivez-moi.

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